Traduzione aumentata

Le métier de traducteur : « interview »

Updated: May 4



Il a quelque semaine, j’ai été contacté via LinkedIn par une personne qui souhaitait se renseigner sur les métiers de la traduction.

« Malheureusement, le métier que j'exerce actuellement ne me permet plus de pratiquer les langues étrangères. Je me permets donc de vous contacter car vous êtes un professionnel de ce secteur et votre expérience me permettrait de mieux comprendre les enjeux et compétences du métier de traducteur. »

Après son accord, j’ai décidé de publier ses questions et mes réponses afin qu’un plus grand nombre de personne puisse mieux connaître cette profession. Voici donc cette « interview » :

Quel niveau de diplôme est nécessaire pour pouvoir débuter dans la profession ?

Aucun, une Licence ou un Master ! Le métier du traducteur n’est pas du tout réglementé. Vous trouverez des personnes qui parlent assez bien deux langues et donc qui proposent des services linguistiques, d’autres qui ont vingt ans d’expérience dans l’organisation des événements d’athlétisme, par exemple, qui parlent une autre langue et qui commencent à offrir des services de traduction dans le domaine du sport. Pourtant, même si un diplôme n’est pas essentiel, il aide à débuter dans la profession, à connaître les bonnes méthodes de travail et à être aussi plus crédible face aux premiers clients potentiels. Comme pour chaque métier, je suis convaincu qu’il faut avoir une base formative. Personnellement, j’ai une Licence en Langues Etrangères Appliquées anglais-italien.

Comment êtes-vous parvenu à ce travail ?

Mon rêve de devenir traducteur (indépendant) est né il y a longtemps. Avant de me lancer dans la traduction, j’ai travaillé dans l’hôtellerie pendant dix ans, ce qui m’a permis de voyager et d’apprendre des langues. J’ai toujours été attiré par les langues, c’est aussi pour cela qu’en 2007 j’ai quitté l’Italie pour me faire de l'expérience à l’étranger (toujours dans l’hôtellerie). La première fois que je me suis renseigné sur le métier de traducteur a été en 2006, mais à l’époque les circonstances m’empêchaient de commencer une formation. Finalement, en 2011 j’ai commencé ma Licence à la faculté d’Aix-Marseille en profitant aussi d’une année d’échange international avec l’Université d’Ottawa, au Canada.

Comme j’étais déjà au courant du fait qu’un diplôme n’est pas obligatoire afin d’être « traducteur », avant même de terminer ma formation j’ai commencé à créer des profils professionnels sûr quelques sites Internet dédiés aux traducteurs, dont Proz.com, site grâce auquel j’ai décroché mon premier client.

Quelles sont, selon vous, les qualités essentielles pour réussir ?

Détermination, patience et persévérance. Ces qualités sont nécessaires pour sa propre « réussite professionnelle ». Après trois ans dans le monde de la traduction comme traducteur indépendant, je ne peux pas dire avoir « réussi » ; je pense qu’en tant que traducteurs nous ne profitons de la réussite qu’après beaucoup plus d’années d’expérience. On y arrive petit à petit, en augmentant nos tarifs client après client jusqu’à arriver à notre tarif idéal. Et cette augmentation tarifaire va de paire avec l’expérience acquise. D’ailleurs, pour faire ce métier il faut avoir soif de connaissance et être curieux(-se) car il requiert une formation continue, qu’il s’agisse de l’apprentissage de nouvelles technologies (outil de TAO, utilisation d’un ordinateur, etc.) ou des nouveautés liées à son propre domaine de spécialisation (comme le cyclisme, dans mon cas). J’ai aussi remarqué que ceci n’est pas un métier pour tout le monde ; il faut être motivé et avoir des objectifs bien clairs à atteindre. Personne ne vous dira de commencer à travailler, ni d’arrêter. Personne organisera votre agenda, cherchera des clients à votre place ou se chargera de la comptabilité, par exemple.

Quelles sont les difficultés rencontrées dans votre quotidien ?

Il n’y a pas de difficultés en particulier. Je suis des horaires très réguliers et je gère mon temps avec rigueur (voilà une autre qualité à avoir). Une difficulté pourrait être la « lutte » constante contre les tarifs à la baisse qu’on nous propose, ou, si on le veut, la recherche constante de meilleurs clients .

Quels sont vos outils de travail ?

Je travaille sur un ordinateur Mac où j’ai installé une machine virtuelle qui exécute Windows 10. Je dispose de différents dictionnaires, je me sers de diverses références en ligne et les logiciels que j’utilise le plus pour mes traductions sont Word, Excel, SDL Trados et Wordfast.

Qu'est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?

La liberté d’être chez moi et le plaisir de travailler pour moi-même en faisant quelque chose que j’aime. De plus, en tant que travailleur indépendant, j’apprécie la liberté de pouvoir choisir sur quoi je travaille ; si un client me propose un projet de traduction qui ne me plaît pas, je peux tout simplement le refuser. L’autre jour j’ai refusé un projet qui porté sur l’industrie pétrolière car contraire à mes principes. J’adore aussi le fait que j’apprends de nouvelles choses en continu et, sous-entendu, le fait de pouvoir jongler entre mes trois langues de travail, l’italien, le français et l’anglais.

Quelles peuvent-être les contraintes liées à votre métier ?

Avec ce métier on a tendance à travailler jusqu’à épuisement. Cela m’arrive de temps en temps. Il faut faire attention, surtout au début, de ne pas se sentir obligé de travailler, d’être connecté et d’être disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, comme le voudraient certains « clients ».

Comment pensez-vous que votre métier va évoluer dans les années à venir ?

Il est fort probable que dans la plus grande partie des domaines de traduction le traducteur devienne un post-éditeur de traductions automatiques. Et quand je dis traduction automatique ne pensez pas à Google Translate mais plutôt à des logiciels bien plus performants qui font des traductions de qualité satisfaisante et qui apprennent en continu ; des logiciels pareils existent déjà. La réalité est qu’il ne faut pas avoir peur de nouvelles technologies ou que le métier de traducteur disparaisse ; un humain devra toujours vérifier la qualité d’une traduction (imaginez la traduction automatique de la notice d’un médicament, par exemple) et nous seront payés pour faire cela. Personnellement, je propose déjà le service de post-édition de traductions automatiques, mais pour le moment personne ne me l’a jamais demandé.

A votre avis, quel est le meilleur parcours de formation pour faire votre métier ?

Si je pouvais revenir en arrière, j’aurais suivi une formation spécifique pour les traducteurs et les interprètes comme celle offerte par l’ESIT ou l’ISIT de Paris. En ayant choisi une licence en Langues Etrangères Appliquée, alors que je savais très bien que je voulais étudier la traduction, j’ai dû consacrer la plus grande partie du temps à des sujets qui, même si très utiles dans le vie de tous les jours, ne m’intéressaient pas, comme le droit et l’économie. Et le parcours traduction offert par la faculté n’est qu’un avant-goût du métier. J’ai donc dû apprendre pas mal de choses par moi-même, en lisant des blogs, des livres et des forums sur le métier de la traduction. Je suis persuadé qu’une formation est obligatoire, mais qu’il n’existe pas un parcours standard, comme j’ai pu le constater en parlant avec les gens qui exercent le même métier que moi.

Quel conseil donneriez-vous à une personne qui voudrait exercer votre métier ?

Commencez à temps partiel et en exerçant un autre travail à côté. Il faut du temps pour trouver les premiers clients, et encore plus de temps pour travailler sans périodes de « famine », comme on les nomme souvent. Puis ne vous laissez pas décourager et faites attention de ne pas tomber dans le cercle vicieux des traductions à bas cout ; il sera difficile de le quitter.

Avez-vous d’autres questions ? Servez-vous de la section commentaires.

Enrico

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Città

Lione, Francia

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