Traduzione aumentata

Seriez-vous prêts à vendre vos mémoires de traduction ?

« Data is the new gold ». Vous avez sûrement déjà entendu cette expression qui fait référence au besoin d’alimenter les nouvelles technologies telles quelles la robotique, la réalité augmentée et/ou virtuelle, l’Internet des objets, voire, dans notre cas, les moteurs de traduction automatique, avec des données « propres », de qualité. Désormais, vous avez la possibilité de rentabiliser vos mémoires de traduction…


Une nouvelle plateforme d'échange de données linguistiques

La nouvelle est tombée la semaine dernière : en novembre 2020 TAUS lancera le TAUS Data Marketplace, c’est-à-dire le premier marché dédié à l’échange de mémoires de traduction ou corpora bilingues. Concrètement, dans ce marché il sera possible de vendre des bases de données linguistiques parallèles (segment source = segment cible) dans différents domaines, voire acheter des données linguistiques parallèles de haute qualité dans le but d’entrainer un nouveau système/moteur de traduction automatique ou de AI en général.


Quels sont les avantages pour les traducteurs ?

Les traducteurs pourront rentabiliser leurs mémoires de traduction en les vendant sur ce marché. Cela permettrait de profiter d’une nouvelle source de revenus perpétuelle, car une mémoire de traduction peut être vendue plusieurs fois. En lisant ces phrases, vous avez raison de vous inquiéter de la protection des données, mais TAUS a tout prévu : il vous aidera à nettoyer, regrouper et anonymiser vos mémoires de traduction, et cela à titre gratuit. Sur ce marché, chaque traducteur peut créer un profil personnel en utilisant son propre nom ou un pseudonyme.


Avez-vous le droit de vendre vos mémoire de traduction ?

Le livre blanc Who Owns My Language Data? que je résume dans les paragraphes qui suivent, explique que :

Le texte cible (c'est-à-dire la traduction d'un texte source) fait l'objet de multiples revendications de droits d'auteur : il s'agit d'une reproduction modifiée de l'œuvre originale, donc le titulaire des droits d'auteur de ce texte source aura également des droits d'auteur sur le texte cible. En outre, le traducteur détient les droits d'auteur de la traduction.

En réalité, le droit de propriété est souvent transféré au client final et les droits d'auteur sur les segments cibles sont détenus en partie par le client final et en partie par le traducteur, sauf si ce dernier a signé un contrat de cession de droit d’auteur.


Droits d’auteur et segments de traduction

Dans une mémoire de traduction, un document se présente sous forme de plusieurs segments individuels et, techniquement, il est souvent impossible de le reconstruire en se basant exclusivement sur les segments stockés dans la mémoire de traduction. Sauf cas particuliers, en général on considère que le droit d'auteur ne s'applique à un segment de traduction que si le texte présent dans le segment est reconnaissable comme étant la création d’un auteur spécifique. Si ce n’est pas le cas, il n’est pas protégé par le droit d’auteur.


En pratique, c’est compliqué de savoir si un segment est protégé par le droit d’auteur. Même si un titulaire de droits d'auteur découvre qu'un traducteur a copié et traduit son œuvre et considère que cela pose problème, il peut exiger que les données linguistiques soient tout simplement supprimées. Le titulaire de droits d'auteur pourrait également réclamer des dommages et intérêts, mais dans la réalité les tribunaux (du moins en Europe) ne sont pas disposés à accorder des dommages et intérêts financiers si le titulaire du droit d'auteur ne peut pas démontrer qu'il a réellement subi une perte économique du fait de l'utilisation non autorisée de son œuvre.


Faites preuve de bon sens

Reception d’un document à traduire, utilisation d’une mémoire de traduction, traduction automatique… tout peut être résumé en une seule phrase : faites preuve de bon sens ! Traitez les données des clients de la même façon dont vous traitez vos données personnelles, considérez le type de document avant d’utiliser un outil de TAO ou un service de traduction automatique, protégez votre ordinateur et vos comptes par un mot de passe robuste et unique, mettez à jour votre registre des activités de traitement prévu par le Règlement général sur la protection des données au moins une fois par an et, désormais nous pouvons le dire, nettoyez vos données linguistiques avant de les vendre.


Pour plus d’informations sur le TAUS Data Marketplace (lancement prévu en novembre), visitez le site https://www.datamarketplace.eu/, lisez le livre blanc Who Owns My Language Data? disponible à l’adresse https://www.taus.net/white-paper-who-owns-my-language-data et lisez les conditions générales du TAUS Data Marketplace ici https://www.datamarketplace.eu/cef-terms-of-use.


Alors, êtes-vous prêts à vendre vos mémoires de traduction ?

25 views1 comment

Città

Lione, Francia

Contatto / Collaborazione

Social

  • LinkedIn
  • YouTube
  • Twitter
  • Strava

© 2020, Enrico Antonio Mion – Mentions Légales